Les coupures à l'ACDI du point de vue de l'efficacité de l'aide

Le RCCDI questionne les coupures à l'ACDI du point de vue de l'efficacité de l'aide

L'annexe au budget récent, intitulé «Dépenses responsables" montre des "économies prévues" dans l'enveloppe d'aide internationale de 800,4 millions de dollars au cours de la période de trois ans 20012-13 à 2014-15. Sur ce total, les «économies» au cours de cette période dans les ressources allouées à l'ACDI sont estimées à 663,5 millions de dollars. C'est un coup important qui est fait au budget canadien d'aide publique au développement (APD) au cours des prochaines années.

Étant donné que les budgets Chrétien / Martin, dans laquelle l'APD a pris un coup similaire, il a été clair que les réductions du budget de l'aide au développement sont relativement faciles à faire. Tout d'abord, ce que les politiciens canadiens ont reconnu depuis des années, les communautés pauvres et les gouvernements des pays du tiers-monde ne votent pas aux élections générales canadiennes.

Deuxièmement, il n'y a pas de voix forte et organisée au Canada pour soutenir les intérêts des pauvres dans le monde. En dépit de son mandat d'éduquer les canadiens sur l'importance politique, économique et social des activités de développement, l'ACDI n'a pas bien fonctionné sur ce front ces dernières années.

De nombreuses organisations de la société civile (OSC) qui sont actives dans les pays en développement n'ont pas une base solide, y compris dans la plupart des cas une base de membres solide - au Canada, pour des raisons évidentes; leurs activités sont concentrées à l'étranger. Dans les cas ou elles s'engagent sur des questions telles que les réductions de dépenses, leurs interventions sont généralement limitées pour des raisons d'intérêt personnel du au fait que beaucoup sont fortement dépendantes de l'ACDI pour leur propre existence.

Ainsi, les ministres des finances du Canada ont réalisé au fil des ans que quand ils font des coupures à l'aide internationale, ils ne feront généralement pas face à une opposition très forte, mais uniquement quelques campagnes écrites qui peuvent être facilement controlées pour les raisons citées ci-dessus.

Les professionnels du développement international représentés par le RCCDI sont opposés à la réduction de l'aide au développement international tel qu'annoncé dans le budget. Les coupures dans la programmation reflètent une vue à court terme et menacent de nuire à l'influence économique et politique du Canada au niveau international dans le long terme. L'ampleur de cette influence est bien documentée, de la part des politiciens étrangers qui ont étudié au Canada avec le soutien de l'ACDI et qui se sentent encore en partie canadiens, à des entreprises locales qui ont été appuyés par l'ACDI pour leur survie et qui sont devenus d'importants partenaires commerciaux avec le Canada, aux communautés dont l'amélioration des niveaux de santé et l'éducation bien que modeste sont crédités aux interventions canadiennes.

Le consensus parmi les économistes est que les économies à croissance rapide sont et continueront d'être ceux du monde en développement. Au lieu de conserver la capacité de construire des relations et d'influence à ce moment critique, ces coupures budgétaires menacent notre présence diplomatique et du développement dans ces pays. Ce n'est pas le moment de réduire nos investissements et nos contacts dans ce domaine.

Ceci étant dit, la communauté de professionnels du développement international du RCCDI est très favorable à accroître l'efficacité des activités de l'ACDI. Ces dernières années ont vu une bureaucratie de plus en plus lourde et la croissance significative du nombre de couches et de postes au sein de l'ACDI, avec dans le même temps une programmation basé au Canada qui est de plus en plus remplacée par des contributions aux organismes multilatéraux. Ces décaissements comprennent rarement des assurances claires que ces fonds soient utilisés de manière efficace et à promouvoir les objectifs de développement international du Canada. Les coupures qui seront faites de personnel en charge des programmes à l'ACDI vont seulement rendre ces contributions aux organismes multilatéraux plus communes. Il serait beaucoup plus dans l'intérêt du Canada de rechercher l'efficience dans le processus et la structure plutôt que de pénaliser la capacité d'exécution.

En plus de ses propres représentants, l'ACDI a d'excellents partenaires dans la communauté du développement au Canada - les organisations non gouvernementales, les entreprises privées et les professionnels individuels dans le domaine - qui ont travaillé pendant des années pour représenter les intérêts du Canada dans le monde. Nous avons besoin de préserver et de renforcer et non d'affaiblir ces voix puissantes pour le bénéfice du Canada à long terme.