Une politique internationale féministe Le nom dit tout, ou bien?

 

Ce sujet sera abordé lors de notre conférence de 2018, qui aura lieu les 22 et 23 janvier à Ottawa et dont le thème sera Égalité des genres, gouvernance inclusive et lois : en harmonie pour un monde meilleur. En préparation de l’événement, nous demandons aux leaders d’opinion canadiens de réfléchir à la question : le nom dit tout, ou bien? Ci-dessous, on a demandé à Paul LaRose-Edwards de nous dire ce qu’il en pense. Paul LaRose-Edwards est directeur exécutif de CANADEM, une organisation non gouvernementale (ONG) internationale sans but lucratif qui œuvre pour le progrès de la paix et de la sécurité mondiales par la gestion d’un registre d’experts et par la mobilisation rapide d’experts à travers le monde auprès des agences des Nations Unies, des organisations intergouvernementales, des ONG et des gouvernements. Lisez ce que Paul pense et dites nous ce que vous en pensez en répondant à ce courriel.  

Paul et CANADEM souhaitent que la politique étrangère canadienne donne un résultat très précis : « tout simplement, un plus de grand nombre de femmes » dans des postes internationaux où elles pourront prendre des mesures concrètes. CANADEM et son directeur exécutif comptent parmi les promoteurs du projet de réforme des Nations Unies lié à la Résolution 1325. Seize années ont passé depuis l’adoption de la Résolution 1325, et en dépit d’innombrables exhortations et engagements de haut niveau, les Nations Unies n’ont guère progressé vers l’atteinte de l’objectif fixé par le Conseil de sécurité au regard de la constitution d’effectifs présentant un juste équilibre entre les sexes.

Paul croit que « le changement ne découle pas d’énoncés de principes provenant des Nations Unies ou du Canada, mais plutôt de gestes posés par des gens ». Selon lui, « moins grande est la distance entre un problème et les personnes ayant les compétences requises pour y voir, plus forte est la capacité de ces personnes de provoquer des changements, à condition cependant qu’elles reconnaissent l’existence du problème (hé, il existe ici un déséquilibre entre les sexes!) et qu’elles sachent comment faire bouger les choses (hé, je sais comment faire participer les femmes qui agissent comme chefs de file dans leur collectivité!). Plus le défi est complexe — à l’exemple de la réforme liée à la Résolution 1325 —, plus les personnes doivent avoir de l’expérience pour parvenir aux changements souhaités. »

En ce qui concerne la voie à suivre pour l’avenir, Paul croit qu’il faut, « tout simplement, désigner des femmes fortes et compétentes pour mener les missions et travailler sur le terrain, car ces femmes sauront mieux que quiconque cerner les problèmes relatifs au genre et trouver la bonne méthode pour provoquer des changements à l’échelon local qui, en s’accumulant, contribueront à faire changer le monde ». La solution qu’envisage CANADEM pour assurer un juste équilibre entre les sexes, conformément aux objectifs de la Résolution 1325, consiste donc à augmenter le nombre de femmes hautement qualifiées affectées aux opérations des Nations Unies. D’affirmer Paul, « certains jugent cette solution simpliste, mais nous croyons plutôt qu’elle est pratique. Malheureusement, les Nations Unies ont du mal à intégrer les femmes dans leurs registres, car l’organisation gère des centaines de petits registres qui, pour la plupart, interdisent l’échange d’informations ou ne s’y prêtent guère. Heureusement, au cours des deux dernières décennies, des organismes comme CANADEM ont su proposer des solutions de rechange. »
 
Paul estime que le Canada peut jouer un rôle déterminant dans la promotion du projet de réforme des Nations Unies lié à la Résolution 1325, par la mise en valeur de femmes fortes, prêtes à travailler à l’international. CANADEM gère un registre comptant 12 826 femmes, dont 3 157 issues des pays du Sud (notamment d’Afrique ou du Moyen-Orient). Bon nombre de ces femmes appuient les efforts de protection contre les sévices sexuels ou la violence fondée sur le sexe et favorisent une plus grande participation des femmes au règlement des conflits (y compris la conclusion d’accords de paix) ainsi qu’aux processus de reconstruction politique, économique et civile déployés après les conflits. Faisons d’abord valoir ces femmes auprès des Nations Unies, puis laissons l’organisation recruter les meilleures candidates!

En ce qui concerne la conférence proprement dite, Paul croit que, cette année encore, elle constituera un forum privilégié pour le réseautage et la recherche de synergies. L’édition de 2018 sera d’autant plus opportune qu’elle promet d’aider Affaires mondiales Canada à assurer la « résultologie » de la politique étrangère canadienne et de l’application de la Résolution 1325.

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